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Comment arrêter de repousser les tâches qui rapportent ?

Ce n’est pas de la paresse : on repousse ce qui expose. Voici comment rendre le premier pas assez petit.

Hanine Mhannd, fondateur de VeraBoardmis à jour le

Un commercial indépendant suit ses projets sur son ordinateur, un café à la main, dans un train à grande vitesse, à la tombée du jourVera relance la prochaine action qui compte, en attente depuis seize jours

La réponse en bref

On repousse rarement ce qui rapporte par paresse. On le repousse parce que ces tâches-là exposent : elles vous mettent devant de vrais gens, donc devant un oui ou un non possible. Pour arrêter, on ne cherche pas plus de motivation : on rend la tâche petite et datée, on la joue en premier, et on compte chaque non reçu comme une victoire.

Sommaire8 parties

Ce n’est pas de la paresse

Vous savez ce qui ferait décoller votre activité. Vous faites tout le reste, et vous culpabilisez le soir. Si ça vous parle, rassurez-vous sur un point : ce n’est pas un manque de courage, et ce n’est pas de la paresse. Une personne paresseuse ne remplit pas ses journées de dix heures.

Les psychologues Tim Pychyl et Fuschia Sirois, qui étudient la procrastination depuis des années, la décrivent moins comme un problème de gestion du temps que comme une façon d’échapper, à court terme, à une émotion désagréable. On repousse ce qui met mal à l’aise, et on se soulage avec autre chose.

Autrement dit, la tâche repoussée n’est pas la plus longue ni la plus difficile. C’est celle qui fait le plus d’effet quand on y pense.

Pourquoi justement celles qui rapportent ?

Regardez les tâches qui font vraiment avancer un business : publier la page de votre offre, annoncer votre atelier à votre liste, envoyer la proposition, afficher votre nouveau prix. Elles ont un point commun. Elles mettent quelque chose devant de vrais gens, qui peuvent dire non, ne rien dire, ou critiquer.

Les tâches d’entretien, elles, sont sûres. Ranger ses dossiers, refaire son logo, peaufiner un modèle : personne ne vous refuse rien, et vous avez l’impression d’avancer. C’est le meilleur refuge qui soit, et il est rempli de tâches à ×1.

Le résultat est mécanique : plus une tâche peut rapporter, plus elle expose, plus elle se fait doubler par des tâches confortables.

Elles ne portent pas d’étiquette, mais elles ont presque toujours trois signes en commun. Si une tâche de votre liste les coche tous, il y a de bonnes chances qu’elle soit celle que vous contournez depuis le plus longtemps.

  • Elle met quelque chose devant de vrais gens : une page, un message, une proposition, un prix.
  • Son résultat ne dépend pas que de vous : quelqu’un d’autre peut dire oui ou non.
  • Elle vous trotte dans la tête depuis des semaines, à chaque fois que vous ouvrez votre liste.

La tâche qui rapporte le plus est presque toujours celle qui expose le plus. Rapporter et exposer sont une seule chose, vue de deux côtés.

Pourquoi les remèdes habituels lâchent

Les solutions classiques visent toutes la mauvaise cible : vous. Elles supposent qu’il vous manque quelque chose, alors qu’il manque surtout un instrument qui rende l’exposition supportable.

Le point commun de ces remèdes est de traiter le symptôme, l’envie qui manque, au lieu de la cause, l’inconfort qui n’est jamais compté ni récompensé. Tant que la tâche qui expose reste une ligne parmi d’autres, sans poids et sans trace, elle perdra contre les autres.

  • « Plus de motivation » : elle monte après une vidéo inspirante, et redescend avant midi.
  • Une liste plus longue : la tâche qui fait peur y est noyée entre vingt tâches rassurantes.
  • Une application qui récompense la connexion : vous revenez pour le compteur, pas pour la tâche.
  • Un coach pour vous tenir : ça marche tant qu’il appelle, et ça s’arrête avec lui.

Rendre la tâche assez petite pour commencer

« Lancer l’offre » ne se commence pas. C’est un projet, pas une action. David Allen, dans sa méthode Getting Things Done, insiste sur la prochaine action physique : le geste précis qui fait avancer, qu’on peut faire sans réfléchir davantage.

Pour une tâche qui expose, découpez jusqu’à ce que le premier geste tienne en trente minutes et ne vous expose pas encore. Écrire le titre de la page. Lister les cinq personnes à qui envoyer la proposition. Rédiger le premier paragraphe du message à votre liste.

Puis datez-le. Pas « cette semaine » : demain, 9 heures, avant les e-mails. Une tâche sans moment reste un souhait.

Un bon premier geste se reconnaît à ce qu’il paraît presque ridicule. Si vous hésitez encore à le faire, il est trop gros : coupez encore.

Compter chaque non qui vous a coûté

Voici le renversement qui change tout : ce qui fait peur dans une tâche qui rapporte, c’est le non possible. Alors comptez les non. Fixez-vous une cible, par exemple vingt propositions refusées ou restées sans réponse ce trimestre, et marquez +1 à chaque fois.

Un refus cesse d’être un échec pour devenir un point sur un compteur. Et pour atteindre vingt refus, il faut avoir envoyé bien plus de vingt propositions, ce qui était l’objectif depuis le début.

C’est le rôle des Boss. Un Boss, dans VeraBoard, est le prix à payer pour atteindre votre objectif : les refus, les silences, les objections que tout business rencontre dès qu’il propose quelque chose.

Vous les comptez un par un, jusqu’à la cible que vous fixez pour la Saison : ce qui vous faisait reculer devient un compteur à remplir.

Ce compteur a un autre effet, moins visible : il remet les refus à leur juste place. Un non sur vingt propositions n’est plus un verdict sur votre travail, c’est un vingtième du chemin.

Le protocole du premier geste

À appliquer dès demain, sur papier. Il prend un quart d’heure la veille, et trente minutes le matin.

  1. La veille, nommez la tâche que vous repoussez depuis le plus longtemps et qui pourrait rapporter.
  2. Écrivez ce qu’elle met devant de vrais gens : une page, une offre, un prix, une proposition.
  3. Découpez-la jusqu’à un premier geste de trente minutes, qui ne vous expose pas encore.
  4. Bloquez ce geste demain matin, avant d’ouvrir votre messagerie.
  5. Le matin, faites uniquement ce geste. Si vous voulez continuer ensuite, continuez.
  6. Choisissez dès maintenant la récompense que vous vous offrirez quand la tâche entière sera faite, et écrivez-la.
  7. Chaque non reçu une fois la tâche lancée : +1 sur votre compteur.

Le rôle de la récompense

Une tâche qui expose a un coût immédiat (l’inconfort) et un bénéfice lointain (le chiffre d’affaires, dans des semaines). Le cerveau compare les deux, et l’immédiat gagne presque toujours. La récompense sert à remettre quelque chose d’agréable du bon côté de la balance.

Elle fonctionne à une condition : que vous la choisissiez vous-même, à l’avance, et qu’elle vous fasse vraiment envie. Un dîner, une après-midi libre, un livre attendu. Une récompense imposée par quelqu’un d’autre, ou par une application, n’a pas le même effet : c’est un plaisir décidé pour vous.

Et si ça recommence ?

Ça recommencera. Une semaine chargée, un refus qui pique plus que les autres, et la vieille habitude revient. Rien d’anormal : c’est ainsi que fonctionne un humain.

La seule règle : on repart du plus petit geste possible, pas du projet entier. Et on regarde le compteur : chaque affrontement passé est toujours là. C’est pour ce moment que VeraBoard garde la trace de vos Boss dans la Saison : quand la motivation baisse, la preuve de ce que vous avez déjà affronté, elle, reste visible.

Faire tenir la méthode

Faites passer d’abord ce que vous repoussez.

Dans VeraBoard, une tâche qui fait grandir votre business pèse dix fois une tâche qui entretient la machine, et chaque non que vous encaissez avance le compteur d’un Boss. Ce qui faisait peur devient ce qui fait progresser.

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La journée dans VeraBoard : la semaine en anneaux, les trois priorités, les rituels
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Questions fréquentes

Les questions qu’on nous pose

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Pourquoi je repousse toujours les tâches les plus importantes ?

Parce que les tâches qui rapportent sont souvent celles qui exposent : elles vous mettent devant de vrais gens qui peuvent dire non. La procrastination sert alors à fuir un inconfort à court terme. Ce n’est pas de la paresse, et la solution n’est pas plus de volonté.

Comment se mettre au travail sur une tâche qui fait peur ?

Découpez-la jusqu’à un premier geste de trente minutes qui ne vous expose pas encore, datez-le avant vos e-mails, et ne faites que ce geste. Commencer petit compte bien plus que commencer motivé.

Qu’est-ce qu’un Boss dans VeraBoard ?

Un Boss, dans VeraBoard, est le prix à payer pour atteindre votre objectif : les refus, les silences, les objections que tout business rencontre dès qu’il propose quelque chose. Vous les comptez un par un, jusqu’à la cible que vous fixez pour la Saison : ce qui vous faisait reculer devient un compteur à remplir.